Loomio
Tue 17 Jan 2017

Modèle économique Open Food France

MB
Myriam Bouré Public Seen by 375

Open Food France, en tant que Commun numérique, se doit de mettre en place un modèle économique adapté à la protection du Commun, mais permettant aussi le financement des taĉhes de fonds du Commun, et permettant aux contributeurs le nécessitant de se rémunérer pour la valeurs qu’ils créent pour la Communauté.

Avant de développer ma vision de ce modèle économique, quelques enjeux:
Dans la mesure du possible, je crois que nous devrions “protéger” l’association Open Food France des activités commerciales, car nous pourrions perdre notre statut d’association d’intérêt général, et donc la capacité à recevoir des subventions (comme celle de la Fondation Carasso par exemple). Cela est aussi cohérent avec notre discours / positionnement comme “infrastructure publique” au service de tous les acteurs du territoire.
Les activités commerciales pour moi doivent être réalisées en périphérie du Commun, elles s’appuient sur le Commun donc il va y avoir des liens bien sûr pour permettre de financer le Commun.

Vous trouverez sous ce lien le modèle d’open budget que je propose comme base de discussion: https://docs.google.com/spreadsheets/d/1gfpFg1WoLDwDd-gp4Rkvesi_nhaQcbr1259iKqA_wHM/edit?usp=sharing
ATTENTION: ce document est une simulation pour comprendre la logique. Il est basé sur des faits réels ainsi que des discussions en cours et des estimations.

1- L’association Open Food France se finance sur un modèle de contributions libres

Je propose cela comme premier principe de notre modèle économique. Notre job est alors de travailler avec chaque hub utilisant le Commun pour qu’il ait conscience de la valeur du Commun et des coûts que nous devons collectivement financer, pour l’inviter à contribuer au Commun sous forme de contribution libre. Pour l’instant, ça marche: d’après les discussions il semblerait que les gens donnent plus que si on avait mis une commission de 2% par exemple. Quand on est libre de donner, on donne plus :-)

Je propose que toutes les contributions reçues par les utilisateurs de la plateforme soient documentées de façon transparente, pour permettre à la communauté de visualiser l’équité des contributions (cf spreadsheet ci-dessus). Pour faciliter la compréhension je suggérerais de mettre en regarde le CA mensuel ou annuel des hubs en question (pour que tout un chacun puisse voir si la contribution au Commun est cohérente par rapport à l’usage du Commun, en mettant aussi dans la balance les contributions non monétaires.)

Il y a 3 sources de contributions libres:

  • Les managers de hubs qui utilisent la plateforme pour la gestion et leur initiative, la boutique en ligne pour agréger les ventes, etc.
  • Les prestataires du Commun, entreprises commerciales qui vendent des prestations basées sur le Commun, et contribuent de façon volontaire au Commun en reversant une partie des sommes perçues.
  • Les individus et entreprises soutenant la cause d’Open Food France sans pour autant utiliser l’outil pour opérer un hub ni vendre des services sur l’outil

2- Open Food France reçoit aussi des subventions de Fondations ou Institutions

Dans le modèle économique nous allons aussi répondre à des appels à projets de fondations pour collecter des fonds par ce biais là. Nous avons déjà échangé avec la Fondation Carasso, qui sont très positifs sur le projet donc nous avons bon espoir (réponse à appel à projet en cours), et nous rencontrons la Fondation MACIF à la fin du mois.

3- Les prestataires du Communs contribuent librement au Commun en reversant une partie du montant de leurs prestations

Comme évoqué ci-dessus je propose de choisir un modèle permettant à l’avenir à d’autres prestataires du Commun OFFrance de développer des activités sur le Commun, qui auront des retombées positives pour le Commun. Ce serait formidable si une entreprise qui fait de l’accompagnement au montage de projets de circuits courts, ou de systèmes alimentaires territoriaux, commençait à vendre des projets basés sur Open Food France!

Pour permettre cela, je propose d’utiliser la notion de prestataires du Commun pour toutes les entités commerciales (que ce soit un auto-entrepreneur comme dans mon cas personnel ou une entreprise type SAS ou autre) et d’inviter les prestataires du Commun à contribuer, de façon libre et transparente, au Commun qu’ils utilisent pour leurs activités commerciales.

Bien sûr la contribution pourra être adaptée au cas par cas, selon les projets, et il me semble acceptable également qu’un prestataire pour un premier projet, qu’il a mal chiffré, ne réussisse pas à contribuer au Commun (comme on l’a vécu avec le premier chiffrage des développements pour Micromarché, on avait juste compté le temps de dev, sous-estimé en plus, pas la contribution au Commun du prestataire). On a le droit à une phase d’apprentissage, essai-erreur. De plus, un prestataire qui ne contribuerait pas au Commun ne serait pas “sanctionner”, car la contribution doit rester libre et volontaire, mais simplement ce serait affiché publiquement… je pense que la transparence est la clé pour que tout le monde joue le jeu.

Je propose en tout cas d’expérimenter en ce sens, et d’aviser en avançant selon comment les choses se passent.

Les prestataires s’appuient sur le Commun local Open Food France, donc ne versent rien directement au Commun global Open Food Network (ils en ont bien sûr le droit s’ils le souhaitent, mais logiquement, les infrastructures qu’ils utilisent sont ceux d’Open Food France donc plus logique de contribuer à Open Food France)

Il apparait pour l'instant plus pertinent de ne pas créer de structure commerciale liée à l'association Open Food France, mais de s'appuyer sur un réseau, un écosystème, pour facturer les prestations commerciales liées au Commun (cf commentaires)

4- Reversements du Commun local Open Food France au Commun global Open Food Network

Le Commun local Open Food France n’existe que parce que le Commun global Open Food Network existe. Pour continuer à exister, nous devons donc contribuer au financement des taches nécessaires à la continuité du Commun global Open Food Network (cf discussion ici: https://community.openfoodnetwork.org/t/strategies-for-funding-the-ofn-core-os-project/784/3)

Les 4 postes de dépense à financer collectivement sont:

  • Management général du code (1h/sem min) = contribution aux discussions sur les spécifications techniques des évolutions (explorations, miroir technique au rôle management produit)
  • Management produit (1.5h/sem min) = facilitation des discussions sur les évolutions de la plateforme, assurer la cohérence globale des évolutions demandées par les différentes instances et projets, etc.
  • Revue du code et fusion (2h/sem min) = pour les bouts de code envoyés par les contributeurs volontaires (sans financement projet), et support aux développeurs pour faciliter leur montée en compétence
  • Facilitation de la communauté globale (0h/sem min) = facilitation des discussions générales, organisation des hangouts globaux, réponses aux demandes internationales de gens qui veulent développer une communauté locale dans un nouveau pays, etc.

ATTENTION: on parle ici de tâches à financer pour les besoins fondamentaux de la communauté globale, mais dès qu’un projet est financé, le financement doit inclure la rémunération de tous ces rôles liés au projet.
On a mis les montants minimum, mais dans le tableau il y a une proposition minimum / base / ideal.

Je propose donc que sur tous les dons reçus en numéraire par Open Food France, 20% soit utilisé pour financer le Commun global Open Food Network. Nous pourrons nous-même décider de l’allocation des fonds aux taches qui nous semblent essentielles, graĉe à Co-budget (voir le 2ème onglet du tableau de modélisation du budget global https://docs.google.com/spreadsheets/d/1OOPV5UC0Wg4IiWDM9RSuV-lJDxG3guhVb-u03txE_j4/edit#gid=240638119)

Je propose aussi qu’en cas de difficulté de financement des montants “base” des 4 rôles fondamentaux nous allions au delà de 20%, nous verrons comment ajuster ce montant en fonction de nos besoins fondamentaux pour Open Food France et des besoins fondamentaux du Commun global. Peut-être qu’on se rendra compte en avançant que 20% c’est insuffisant comme contribution au commun global.

Il est probable que cela arrive dans les premiers mois, car pour l’instant seuls OFN Australie, OFN UK, et maintenant OFFrance ont les moyens de contribuer au financement de ces tâches… OFN Australie reverse 50% de ce que touche leur commun local pour contribuer au financement de ces tâches. Donc une proposition complémentaire serait, même si on se fixe 20% comme objectif, de commencer sur des montants plus élevés, jusqu’à 50% au début si besoin, il me semble normal que l’Australie ne soit pas les seuls à financer ces tâches dont tout le monde profite, et tant qu’on n’est pas encore très nombreux (l’Allemagne va rejoindre le projet avec des moyens, donc on sera bientôt 4 instances contributrices!) il me semble que notre effort devrait être aussi important que celui de l’Australie.

5- Utilisation des fonds d’Open Food France

Pour les reste des fonds d’Open Food France, je propose l’utilisation de ce budget pour financer, dans l’ordre:

  • Le remboursement des sommes avancées par les contributeurs en premier lieu
  • Le paiement de l’infrastructure IT (servers, domaines, etc.)
  • Le paiement du service d’admin system (on verra comment mettre en place un service garantissant une réactivité exigée par les gros utilisateurs qui pourraient prochainement utiliser la plateforme…)
  • Le paiement de prestations de contributeurs (plus tard éventuellement si besoin salariés) pour la communication (faire connaître Open Food France) et la coordination du projet au quotidien (recherche de fonds, facilitation du forum, documentation des modèles, etc.) ainsi que le support utilisateurs.
  • Le paiement de nouvelles fonctionnalités pour enrichir le Commun (cela se fait déjà via des projets/services demandés par le utilisateurs sur des développements spécifiques, cf le point sur les prestataires du Commun.)

Pour l’instant les montants peuvent sembler dérisoires, mais il faut mettre en perspective ces montants avec les quelques béta-testeurs que nous avons aujourd’hui. Si les gros clients potentiels avec qui nous discutons aboutissent, certaines de ces tâches seront peut-être financées directement par ces utilisateurs, et les dons devraient se développer en conséquence aussi…

6- Open Budget

Je propose aussi la publication d’un post sur le forum avec la publication de ce document et de la spreadsheet, auquel j’intègrerai probablement les onglets concernant la comptabilité (où l’on voit de façon transparente les avances faites par les membres, les remboursements quand ils seront effectués, les paiements, etc.)

Je vous propose un petit temps de réaction à cette proposition, et je vais vous proposer des dates pour caler un hangout pour discuter de vive voix, ça me semble important qu’on puisse parler d’argent ouvertement pour éviter les tensions futures :-)

Si plus simple de commenter en direct sur certains points, ce texte est dans le document suivant sur le drive.


Idées précédentes non retenues

Point 3
Avait été évoquée l'idée de créer une structure commerciale capable de facturer des prestations faisant appel à plusieurs contributeurs, pour pouvoir ensuite rémunérer les différents contributeurs.
Myriam avait pensé à ça en s'inspirant du modèle développé par OuiShare: OuiShare Association est l’actionnaire unique de la SAS OuiShare Expérience. Tout ce qui est commercial se fait dans la SAS, et l’association ne remonte pas plus de 60 000€ par an en dividendes (limite pour rester dans le champ non lucratif).
Si nous décrochons un gros contrat prochainement, nous aurons besoin de toute façon d'une structure commerciale, je propose dans ce cas qu’on se fasse accompagnés par Alissa Pelatan, qui accompagne OuiShare dans cette structuration à 2 têtes, et avec qui j’ai eu un super échanger déjà à ce sujet (nous prévoirons un budget pour ça dans les fonds que nous allons demander à droite à gauche)

AK

Arthur Koenig Mon 23 Jan 2017

Je suis d'accord avec la vision d'ensemble, le statut associatif a beaucoup d'avantages et renvoie une image forte. Le statut de "prestataire du commun" est bien adapté au modèle de contribution libre : c'est flexible et incitatif.

Open Food France est une plateforme qui va solliciter des champs de compétences très variés, et avec le temps, Il va y avoir une sorte de collectif de contributeurs experts Open Food plus ou moins formel qui va se développer.

À ce titre, et dans la mesure où les notions de transparence et de contribution sont respectées, je pense qu'on peut se passer de la création d'une structure commerciale (cf fin du point 3). Selon moi, on peut simplement s'organiser en réseau et solliciter des contributeurs en fonction de leurs compétences sur un projet donné, ça ne devrait pas nous empêcher de facturer sur des contrats importants.

À voir, c'est un point qui peut évoluer avec le temps !

MB

Myriam Bouré Mon 23 Jan 2017

Yes, c'est vrai @arthurkoenig je suis d'accord avec toi en fait, ma vision a un peu évolué depuis que j'ai écrit ce post, mieux vaut s'appuyer sur un écosystème plutôt que chercher à faire nous même pour tout ce qui n'est pas notre coeur de valeur (le Commun, l'infrastructure publique). En plus si on créer une structure commerciale ça fait un intermédiaire de plus qui prend sa com sur les contrats, donc pas très avantageux. Et puis cette struture n'aura pas de légitimité/d'historique, alors que des entreprises avec une bonne réputation et alignées sur la vision (comme HappyDev dans le cas des discussion avec GLP) ont déjà une expérience et une crédibilité sur ces sujets. Je vais modifier ce point et le laisser dans les idées non retenues en fin de post :-)