Loomio

Mesure pour atteindre la parité de représentation des femmes et des hommes

MDN
Mouvement démocratie nouvelle Public Seen by 214

Il était grandement attendu que le projet de loi comprenne des mesures contraignantes pour compenser la sous-représentation des femmes par notre système actuel. Le Directeur général des élections du Québec le recommandait d’ailleurs dans son rapport de décembre 2007 et la CAQ s’était dit d’accord avec cet objectif.

La seule mesure qui est prévue dans le projet de loi est une exigence aux partis de se donner leurs propres objectifs de proportion de candidatures de femmes, et de produire un rapport avant la fin de la campagne électorale pour démontrer l’atteinte de leur propre objectif. La conséquence d’un non-respect de cette mesure est une amende de 50$ par jour de retard de la remise du rapport, jusqu’à concurrence de 500$.

Le gouvernement explique que cette mesure consiste en un incitatif politique, les partis ayant intérêt à se doter d’objectifs ambitieux et de les respecter s’ils souhaitent obtenir l’appui de la population. Or, cette même logique s’applique en ce moment, alors que les partis ont déjà le même incitatif politique à présenter un nombre important de candidatures de femmes, s’exposant au jugement de l’électorat. Force est d’admettre que cet incitatif politique n’est pas suffisant, comme certains partis ne respectent toujours pas la zone paritaire dans leurs candidatures.

MD

M. Desharnais Mon 21 Oct 2019

Qu'il y ait une mesure contraignante ou non, il pourrait être pertinent d'indiquer une information sur la représentation des genres dans la liste de chaque parti. Ceci permettrait à chaque électeur, au moment du vote, de voir concrètement ce que font chaque parti et de tenir compte de ce facteur lors de sa prise de décision.

Voici quelques exemples adaptés du projet de loi.

Appartenance politique (2 femmes, 3 hommes, 1 divers)

Marie Bonenfant, Jean-Charles Bureau, Pierre-A. Larrivée, Marie Bonenfant, Jean-Charles Bureau, Kai Dufour

Appartenance politique (33% femmes, 50% hommes, 16% divers)

Marie Bonenfant, Jean-Charles Bureau, Pierre-A. Larrivée, Marie Bonenfant, Jean-Charles Bureau, Kai Dufour

Appartenance politique

Mme Marie Bonenfant, M. Jean-Charles Bureau, M. Pierre-A. Larrivée, Mme Marie Bonenfant, M. Jean-Charles Bureau, Kai Dufour

Appartenance politique

Marie Bonenfant (f), Jean-Charles Bureau (m), Pierre-A. Larrivée (m), Marie Bonenfant (f), Jean-Charles Bureau (m), Kai Dufour (d)

Je préfère personnellement le dernier exemple, car il permet de voir en un coup d’œil si les genre sont répartis uniformément dans la liste, ou bien si les femmes (f) et divers (d) sont tous à la fin, où ils ont peu de chance d'obtenir un siège.

ÉT

Édouard Trépanier Mon 21 Oct 2019

Le mode de scrutin proportionnel compensatoire dit de listes permet de refléter les opinions des citoyens dans leur complexité et leur diversité. Le Projet de loi 39 sur le mode de scrutin proposé pour le Québec souffre d’une énorme carence. Il ne permet pas de conclure que, contrairement à nos valeurs, la représentation à l’Assemblée nationale fera parité entre les hommes et les femmes. En effet, il n’exige qu’un énoncé de principe, de la part des partis, visant l’égalité. À cet égard, je préconise que chacune des 15 régions administratives (hormis les deux exceptions) dispose de trois listes que l’on révise avant chaque campagne électorale :
1. Une première liste de candidates féminines régionales par parti qui assure qu’il y ait 50 % de femmes parmi l’ensemble des élus ;

DU

[deactivated account] Tue 22 Oct 2019

Cette mesure est déjà bien suffisante... et je vois mal en quoi elle est pertinente en face du pourcentage des votes employés pour constituer une assemblée. Rappelons que les difficultés des partis à présenter des caucus mixte "égalitaires" dépendent surtout des députés qui se présentent et de leur compétence.
C'est bien joli que l'on souhaite éviter un sexisme involontaire à l'assemblée nationale, mais c'est un sujet bien distinct de la représentation proportionnelle.
M'enfin... si ce genre de mesure peuvent pousser le projet à être appliqué plus rapidement, je n'y vois pas non plus d'inconvénient. Par contre, il ne faudrait pas ralentir la réforme pour si peu. Surtout que ça paraît assez... basé sur la mode du temps? Ce qui ouvre n'importe quelle mesure de ce type à être modifiée et réévaluée au gré des mœurs.

0

00marting Sun 27 Oct 2019

Je souhaite simplement dire que bien que je sois pour la représentation proportionnelle mixte, parce que c'est un pas vers une démocratie plus directe (en conservant un poids régional), je suis contre toute mesure contraignante favorisant quelque groupe que ce soit (femmes, autochtones, autres). Une telle mesure est pour moi simplement antidémocratique. Les gens devraient pouvoir se présenter en respectant des conditions de base (être citoyen, être majeur, ne pas être en prison, etc...), et les électeurs voter secrètement pour qui bon leur semble (bonnes ou mauvaises raisons). S'il n'y a pas assez de gens d'un certain groupe (blancs, noirs, de gauche, de droite, handicapés, femmes, nains, obèses, qu'importe), ces gens n'ont qu'à se présenter, ils peuvent le faire, mais personne ne doit avoir de traitement de faveur, et les électeurs voteront pour eux si le coeur leur en dit. Cela est fondamentalement la démocratie, pour moi : d'aucune façon ne doit-on dire aux gens pour qui ils doivent voter, ou qui devrait être mieux représenter ; c'est à eux de décider.

DU

[deactivated account] Thu 31 Oct 2019

Il est étrange de lire que les femmes constituent un groupe, alors qu'elles forment plus de 50% de la société. Le système électoral (et parlementaire) actuel trouve son origine à une époque où seulement des hommes agissaient dans cette sphère. Ainsi, il n'est pas invraisemblable que des biais systémiques nuisent à l'atteinte d'une représentation équitable. Le changement du mode de scrutin doit permettre d'atteindre cette équité, sinon il serait vain. D'ailleurs, l'ajout d'un élément proportionnel facilitera la tâche au parti qui auront une plus grande marge de manoeuvre pour identifier les personnes qui occuperont les sièges attribués à titre compensatoire.

A

André Thu 31 Oct 2019

La parité devrait être laissé à la discrétion des partis et des électeurs.

Les critères d'admissibilité devraient être les mêmes pour tous. Je propose les suivants :
1. Être inscrit sur la liste électorale.
2. Habiter la région.
3. Obtenir les signatures nécessaires.

Tout autre élément devrait faire partie de ce que chaque candidature peut valoriser, ignorer ou rejeter.

G

guylainemarion Thu 14 Nov 2019

La réalité nous dit que ce n’est pas suffisant. Le système électoral pourrait encourager de façon monétaire les partis qui présente plus de femmes. J’espère que ce serait une mesure temporaire. Ce n’est pas idéal mais nous ne vivons pas dans un monde idéal, il y a des obstacles à la participation des femmes au monde de la politique.

ÉT

Édouard Trépanier Thu 31 Oct 2019

Si la démocratie a 2500 ans, les femmes en ont eu pour plus de 2400, avant de se faire reconnaitre comme électrices et encore plus longtemps pour être admises dans l’enceinte du pouvoir. À en juger par l’état de la démocratie sur Terre, la gouvernance mâle n’a pas suffi à la tâche. Avoir une représentation équitable des femmes et des hommes n’est pas une faveur aux femmes, c’est une nécessité à la survie de la gouvernance du peuple par le peuple.

A

André Fri 1 Nov 2019

Des jeunes femmes intelligentes m'ont déjà exprimé la volonté que la politique demeure une affaire d'hommes. Je trouve ça dommage mais de quel droit je peux leur imposer ma volonté d'homme de les voir occuper 50% de l'espace et du pouvoir politique?

La réalité des personnes qui ne se définissent ni comme homme ni comme femme pourrait multiplier les catécories et favoriser des points de vue au détriment des autres.

Je serais tout de même grandement favorable à ce que chaque poste soit double, assurant ainsi la parité avec une élue femme et un élu homme pour chaque poste. Les personnes qui se définissent autrement seraient alors tenues de prendre le genre féminin ou masculin pour poser leur candidature.
Le jeu., oct. 31 2019 à 17:52, Édouard Trépanier (Loomio)
notifications@loomio.org a écrit :

DU

[deactivated account] Fri 1 Nov 2019

À ce point-ci... puisqu'il le faut... Plutôt que de leur demander de s'identifier (ce que la réalité de leurs chromosomes fait, mais qu'ils refusent déjà - parfois avec succès); on pourrait tout aussi bien les autoriser à servir de joker lorsqu'il s'agît de compléter une paire.

Ce qui reviens à dire que c'est complètement hors sujet en face des compétences dont ils / elles / machins auront besoin pour effectuer leur travail. Et que, même si on voudrais avoir la parité pour faire plaisir à tous, on se retrouverait quand même avec des paires femme / femme et homme / homme pour peu que l'un d'eux se fasse passer comme incertain.

Autant mettre fin à ces considérations et se proclamer tous humains une bonne fois pour toutes. Les organes génitaux et leur balance hormonale n'ont que peu à voir avec la politique. C'est du moins l'impression laissée par le parfois regretté Pierre Eliott Trudeau, déclarant que "L'état n'as rien à faire dans les chambres à coucher".

Inversement, je trouve paradoxal que l'on se demande ce que la "chambre à coucher" a à faire dans l'état. Comme on le dit souvent dans cette contrée; la liberté de l'un s'arrête où commence celle de l'autre.

ÉT

Édouard Trépanier Fri 1 Nov 2019

Réduire la femme à ses organes génitaux et à sa "balance" hormonale me parait indigne d'un débat civilisé.

DU

[deactivated account] Sat 2 Nov 2019

Mon commentaire ne visait pas (que) la femme. Il n'y est d'ailleurs pas question de réduire qui que ce soit; mais bien d'éviter de tomber dans le piège de croire que l'origine perçue d'une idée soit plus importante que l'idée elle-même.
Mais si l'on doit absolument discriminer entre êtres humains pour avoir ce débat; je suggère qu'il est peut-être lui-même non civilisé. L'égalité entre les genre est importante, mais c'est plutôt l'inégalité que l'on maintient en insistant sur des frontières qui n'en sont pas. Demander une parité biaisée sur cette frontière est lui donner une substance, c'est entretenir le climat de sexisme qui existait avant que le droit de vote lui-même soit accordé des deux côtés majoritaires de cette barrière fictive.
Qui de plus est, l'angle lexical était dirigé à l'égard de Mr.(?)André; qui semble considérer que l'on devrait forcer les élus de genre non binaire à s'identifier pour des divisions qu'ils / elles / "ça" ont déjà refusé.
(La langue française elle-même me fait défaut à définir plus loin que cette division...)

M'enfin. Ma position elle-même reste inchangée. Un(e) élu(e), reste un(e) élu(e)... C'est surtout de la compétence et du vote dont il est question. Tenter d'établir une proportionnelle artificiellement tronqué hors de la nature démocratique par des contingences stricte des genre est... sur-sophistiqué?

Si la meilleure personne pour l'emploi, et qui se soit présentée, se trouve être en pleine procédure de changement de genre et de nom... Je ne vois pas en quoi cela devrait affecter les campagnes, l'électorat, ou l'assemblée nationale. De même s'il s'agît d'un mâle, ou d'une femelle de l'espèce. La plateforme du parti et celle du député restent le critère qui sera appliqué... qu'il le soit en jupe, ou en pantalon.
J'espère que c'est plus clair dit ainsi.

A

André Fri 1 Nov 2019

C'est vrai qu'on peut s'attendre à quelques exceptions mais en général, on peut penser que l'approche plutôt féminine serait valorisée autant que l'approche plutôt masculine. Est-ce que ça assurera une meilleure gestion de l'état? Je ne sais pas.

Si le système en soi est une approche masculine, les femmes élues risquent d'être celles ayant une approche plutôt masculine. Si l'approche féminine correspond davantage à se laisser organiser plutôt que d'organiser, obliger la parité ne respecterait pas cette volonté. Si le rôle des élus régionaux était de recevoir la volonté citoyenne pour l'acheminer de façon adéquate aux décideurs, je pense qu'il serait souhaitable d'avoir le choix de comuniquer sa volonté à un homme ou à une femme.

En résumé, tant mieux si on peut intégrer adéquatement la parité sinon vaut mieux une réforme sans parité que l'absence de réforme parce qu'on ne s'entend pas sur la parité.

ÉT

Édouard Trépanier Fri 1 Nov 2019

Il existe quelques jalons marquants de la civilisation de l’homo sapiens. L’un d’eux est la reconnaissance de l’égalité entre les hommes et les femmes. Vaut-il mieux conserver le mode de scrutin uninominal et injuste (lorsqu’il y a plus de deux partis politiques populaires) ou obtenir une représentation plus près du sentiment populaire en omettant le nécessaire correctif d’inégalité ? Je préconise le bond en avant au progrès à la pièce.

A

André Tue 5 Nov 2019

Xunk, j'aime bien ton intervention qui met en évidence l'impertinence de considérer le genre dans la proportionnelle. Malgré mon commentaire qui a pu laisser croire le contraire, je suis aussi de cet avis.

JO

Jacques Ouellet Sun 10 Nov 2019

Nous (regroupement citoyen Solidarité Gaspésie) demandons à ce que des mesures contraignantes soient édictés légalement pour forcer la parité homme-femme au sein de la députation à l’Assemblée nationale. Il faut, pour le moment, plus que des objectifs et des vœux pieux pour que la représentation des femmes à l’Assemblée nationale soit paritaire. Ajouté à cette contrainte légale, nous demandons des incitatifs financiers pour les partis politiques en fonction des élues, tel que recommandé par le réseau de tables régionales de groupes de femmes du Québec. La société toute entière a besoin de la pleine participation des femmes dans la plus haute institution de gouvernance de notre nation. 

A

André Tue 12 Nov 2019

Il faudrait contraindre les femmes à participer, même contre leur gré, pour assurer la parité? Qui va les contraindre? Des hommes?

AP

Andrew Prevost Wed 13 Nov 2019

Personnellement, je suis tout à fait pour des mesures contraignantes.

Cela dit, est-ce que l'absence de ces mesures-là va me pousser à opposer la réforme? Est-ce que je mettrais l'emphase la-dessus dans une démarche de négociations pour modifier la loi? Non, pas du tout.

La proportionnalité mixte est déjà un grand pas en avant pour la démocratie. Et, tout les études des pays qui utilisent la proportionnalité mixte indique que même sans mesures contraignantes, le changement vers ce mode de scrutin va, a lui seul, favoriser l'élection de plus de députées femmes.

Faut pas s'opposer à un grand pas dans la bonne direction parce qu'on ne peut pas avoir tout ce qu'on veut en même temps. Aucune raison qu'on ne pourrait pas pousser pour l'ajout de mesures contraignantes après que le mode de scrutin soit changé. Ou même avant que le mode de scrutin change! C'est tout à fait possible qu'il y a plus d'appui dans la population ou parmi les députés pour des mesure contraignantes qu'il y a pour la proportionnalité. Pour moi, en liant ces deux choses, on risque de diminuer nos chances de les avoir.

CD

Charles Duguay Mon 20 Jan 2020

La RÉVOLUTION TRANQUILLE, vous connaissez? La place des femmes dans le avant et le après cette période de grands changements sociaux n'est pas comparable. Tous les débats sur la parité femme-homme basés sur les angles philosophique, sociologique, biologique, politique et autres "ique" ne changeront rien au fait que le train des changements de la PLACE de la FEMME dans notre société , QUE ce train, dis-je, est en marche depuis 60 ans qu'on y loge au wagon de tête ou à celui de queue. Tout ça pour dire que viser une zone paritaire (ex.: 40/60, 45/55) me semble réaliste. Mais, que viser une parité pure de 50/50 est idéaliste. La compétence d'une personne à exercer le rôle de député-e est le critère primordial à considérer pour la sélection des candidates et des candidats lors d'une campagne électorale. À mon humble avis et parce que le train sus-mentionné est encore et toujours en marche et qu'il est voué à ne pas arrêter sa course de sitôt, des mesures incitatives et de vérification m'apparaissent suffisantes à inscrire dans la loi >> pour l'instant <<. Des mesures restrictives pourront y être ajoutées à l'avenir lorsque le contexte le justifiera. Nous devons nous concentrer sur la raison d'être du PL 39 qui est de réformer le mode de scrutin pour que la diversité des résultats des votes se transpose dans la députation. Sinon, " Qui trop embrasse mal étreint".