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La tenue d'un référendum en même temps que la prochaine élection générale de 2022

MDN
Mouvement démocratie nouvelle Public Seen by 214

L’entente trans-partisane signée en mai 2018 prévoit clairement que « les député.e.s de l’Assemblée nationale du Québec devraient être élu.e.s, à partir de la 43e législature, selon un mode de scrutin semblable à celui étudié et avalisé par le Directeur général des élections du Québec dans son avis de décembre 2007 ». La 43e législature étant la prochaine, on parle ici des élections de 2022. Il était également convenu entre les partis, et répété plusieurs fois par le Premier ministre Legault depuis son élection, que le gouvernement avait la pleine légitimité pour adopter la loi, dans la mesure où les deux autres partis signataires de l’entente et représentés à l’Assemblée nationale l’appuyaient.

Le gouvernement prétend maintenant que le Directeur général des élections du Québec n’aurait pas le temps pour mettre en place la réforme pour les élections de 2022. Ce dernier a indiqué à la Ministre qu’un délai de jusqu’à 30 mois pouvait être nécessaire pour mettre en place la réforme suite à l’adoption du projet de loi. Cela impliquerait une adoption du projet de loi au plus tard au printemps 2020. En réponse à une question posée par le député Sol Zanetti en commission parlementaire, le DGEQ a pourtant confirmé qu’il lui était possible de respecter les délais s’il y avait une volonté politique et que les partis s’entendaient rapidement sur les principales modalités du projet de loi. Selon le DGEQ, il serait donc tout à fait possible d’adopter le projet de loi et de mettre en place la réforme à temps pour les élections de 2022, tel que promis. Le premier ministre Legault avait même déclaré le printemps dernier que le gouvernement serait disposé à donner plus de moyens au DGEQ pour qu’il puisse accomplir ses tâches à temps pour l’élection de 2022, tel que promis.

Le gouvernement ajoute au report à 2026 de l’application de la réforme, la nécessité d’un référendum en même temps que les élections de 2022. Le référendum est vu comme la forme ultime de l'expression de la démocratie. Cependant, des alternatives pour obtenir une validation auprès de la population ne manquent pourtant pas. Que ce soit par le recours à une commission parlementaire itinérante visitant les diverses régions, une assemblée citoyenne, des forums ou jurys citoyens, ou encore un référendum en-dehors d’une campagne électorale, avant les prochaines élections. Il serait possible de s’inspirer de ce qui a été fait en Nouvelle-Zélande où, quelques élections après la mise en place de la réforme, un référendum avait été tenu pour reconduire le nouveau mode de scrutin. La population avait alors eu l’opportunité d’apprécier les avantages du nouveau système proportionnel avant de faire son choix.

KG

Ken Graham Sun 20 Oct 2019

Je suis tres decu que le gouvernement Legault comme Troudo, ait decide de remettre a un prochain mandat le ou les changements au mode se scrutin.
J'aurais prefere un changement initial pendant le present mandat et des suggestions, corrections et ameliorations au cours des mandats a venir a etre expliquer en details et approuver via referendum pour les decennies a venir!

SM

Serge Ménard Mon 21 Oct 2019

Je suis d'accord avec Ken Graham. Il s'agit d'une promesse électorale et elle doit être tenue dans ce mandat; qu'on y mette les ressources requises.

MD

M. Desharnais Mon 21 Oct 2019

Ceci devrait être le principal sujet de travail et de négociation avec le gouvernement. Beaucoup des points soulevés dans les autres discussions sont pertinents, mais pourraient aussi être l'objet d'améliorations lors des prochaines législatures.

Bien qu'elle ait plusieurs lacunes, la réforme proposée est en tout point meilleur que le système actuel. L'important est qu'une réforme ait lieu. Les autres détails (e.g. le seuil électoral, la méthode de calcul des gagnants, la double candidature, le nombre de sièges de régions, etc.) sont aussi important, mais pourraient être améliorés au fil du temps avec de simples majorités à l'Assemblée nationale.

DU

[deactivated account] Tue 22 Oct 2019

Je suis déjà d'accord avec les premiers répondants ci-présent.
Toutefois, je trouve qu'un journaliste du Tyee (en Colombie Britannique) à mieux présenté l'hypocrisie d'appliquer un référendum à une réforme électorale, qui a permis en tant que simple promesse, de former non un, mais DEUX gouvernement majoritaires. (Et celui de Trudeau, et celui de la C.A.Q.) De suite.
Notez bien que son argument sur la constitution ne se tient toutefois pas tellement bien au Québec... Mais ceci est un autre problème.

Tom McMahon (traduit pour le besoin de la cause) : Les référendums qui impliquent les droits des groupes déjà vulnérables, ou marginalisés, sont tout spécialement dangereux. La raison même pour laquelle nous avons une Charte des Droits et Libertés intriquée dans la constitution, le pouvoir légal et indépendant des cours, est de rendre plus difficile pour la majorité de discriminer contre leur cible du jour. (L'un des effets principaux du système uninominal à un tour est de prévenir les vues de la minorité et des communautés de pendre un rôle significatif dans notre démocratie.)

Mais pour une raison quelconque, nous en sommes venus à croire que nous devons avoir un référendum sur la représentation proportionnelle.

Envoyer nos forces en Afghanistan sans référendum? Pas de problème. Acheter un oléoduc; supporter des raffineries de gaz naturel liquéfié massives et inutiles, des barrages hydroélectriques coûteux et dommageables; imposer des sentences de prisons minimales obligatoires; couper les taxes corporatives; signer de massifs accords de libre échange - tous sans référendum? Pas de problème!

[Nos partis politiques] et nos journalistes politiques disent rarement, "Attendez, ayons plutôt un référendum sur ces choses!".

La manière dont nous votons et élisons nos premiers ministres, ainsi que nos législateurs provinciaux, est gouvernée par divers actes électoraux. De nouveau gouvernement amendent routinièrement ceux-ci sans référendums. Les Conservateurs ont changé l'acte pour créer plus d’avantages pour les partis qui représentent les riches et réduisent le financement publique des partis.

Historiquement, nos lois électorales prévenaient les femmes et de nombreux groupes ethniques de voter. Progressivement, nous avons élargi le droit de vote. Ces amendements sont presque toujours arrivés sans référendums.

[Apparemment,] la seule issue où la "sagesse conventionnelle" semble nous demander un référendum est : la représentation proportionnelle.

Pour ceux intéressés par l'article original - en anglais

Maintenant, je ne dis pas que l'on ne devrais jamais avoir de référendums. Si l'on vivait en démocratie directe, on devrait potentiellement en faire sur toutes ces choses. Dans les issues qui affectent les vies de tous les citoyens, comme la souveraineté du Québec, sûrement qu'un référendum est de mise. (Ce sont les même citoyens qui se retrouveront peut-être dans une guerre civile!)
Mais... Ce n'est pas légalement le système dans lequel on vis. Nous sommes dans une forme de demi dictature qui devient complète dès qu'un parti est majoritaire. Un risque que les électeurs ont pris pour obtenir cette réforme! Et ce n'est pas non plus un projet de loi pour nous apporter de la démocratie directe, mais proportionnelle.
Par conséquent, Trudeau était responsable de briser sa promesse de réforme.
Tout comme la C.A.Q., à plus forte raison quand elle n'est pas le seul parti dont les députés sont consulté par des électeurs enthousiastes, est seule responsable de la réussite ou de l'échec d'une réforme qui pourrait grandement améliorer la vie dans notre province. Les votes ont déjà été fait.
Et ce n'est pas comme s'ils ne pouvaient pas continuer d’amender le résultat une fois la réforme implantée.
Le gros morceau... c'est de passer une forme de proportionnelle. Même celle imparfaite présentement proposée. Donner une voix réelle au peuple et relâcher le pouvoir totalitaire du système actuel.
À côté, le reste devrait venir tout seul.

SM

Simon M Thu 24 Oct 2019

D’un point de vue stratégique, le référendum est un risque pour le projet de proportionnel. Le sujet est complexe, les électeurs risquent de s’y perdre et les délais s’allongeront.

Par contre, lorsque l’on défend une idée pour un plus grand respect de la démocratie, je me vois mal militer contre un référendum.

Malgré le fait que la CAQ l’avait promis, je ne pense pas qu’il s’agisse d’un sujet qui touche autant les électeurs que PL21, par exemple.

ÉT

Édouard Trépanier Fri 25 Oct 2019

Vous avez raison en tout point, Simon. Malheureusement si le public ne s’intéresse pas suffisamment à l’avancement de la démocratie, elle pourrait bien reculer. En effet, les années à venir nous réservent des choques nouveaux comme les migrations massives, des désastres dus aux changements climatiques, la croissance des inégalités, un écrasement boursier inévitable et le rejet de l’élite politique à qui l’on attribuera les malheurs qui nous frappent. Selon moi, se sentir pleinement représenté à la gouverne de l’État est devenu capital.

DU

[deactivated account] Fri 25 Oct 2019

Je suis pour la démocratie directe et pourtant je n'arrive pas à voir en ce référendum autre chose qu'une tactique pour gagner du temps, pour que le gouvernement actuel prenne la représentation proportionnelle en otage, afin de protéger une majorité lui accordant les pleins pouvoirs.
Plusieurs décisions de notre gouvernement sont prises durant chaque mandats que l'on pourrais qualifier comme digne de nécessiter l'aval du peuple; hors notre système actuel ne favorise pas du tout l'emploi de telles consultations. Il n'y a pas non plus de consultations semblables lorsqu'il est venu le temps d'établir les priorités d'un parti lors de son temps de gloire à l'assemblée nationale. Québecois, comme Canadiens, sont donc sous la compréhension que leur votes, lors d'élections, suffit à mettre en place un gouvernement, parfois totalitaire, capable d'entrer en guerre ou de renégocier entièrement leurs droits commerciaux sans leur demander leur avis.
Que cet état de fait soit lui aussi l'objet de fortes critiques comme lors du PL21, ou alors du rachat de l'oléoduc Trans-Mountain, ne fait aucun doute...

Mais je prierais le gouvernement actuel de bien vouloir considérer que les Québecois et Canadiens ont risqué par deux fois des gouvernement majoritaires promettant des choses bien plus risquées pour la santé et la sécurité de leurs enfants, simplement parce que ces deux gouvernements ont promis la représentation proportionnelle. Tous retard, donc, dans l’application de cette réforme électorale, ne saurait être vu autrement que comme un refus de reconnaître la volonté du peuple quant à son propre avenir démocratique.

Même ainsi, l'application d'un référendum, hypocrite dans notre situation actuelle, ne serait peut-être pas tellement fâcheuse si elle ne n’appliquais pas dans une nation infâme pour ses manipulations de tels procédés ainsi que leurs échecs historiques. Une question claire et sans détour, suivi d'une forte campagne de "oui" tel que le gouvernement en place devrait défendre... pourrais être considéré légitime.
Le referendum serait toutefois tenu à la va-vite, potentiellement en incluant des gens qui jusque là ont fait confiance en leur députés pour résoudre la situation au mieux, sans chercher à développer l'expertise nécessaire à répondre d'eux-même. Dans l'état présent des choses, tenir un référendum reviendrait donc à déclarer un manque de confiance, du parti en place, envers ce qui est somme toute à l’avantage de tous.

La situation serait bien différente s'il était question de tenir un référendum de confirmation, plusieurs mandats plus tard. Non seulement une telle pratique rendrait le pouvoir à ceux qui, démocratiquement, devraient le posséder... Mais elle placerais aussi en valeur les résultats obtenus du système actuel, tout en permettant au gouvernement en place de briller par son sens des valeurs et du leadership.
Je ne puis toutefois pas donner mon assentiment pour une telle pratique, considérant l'histoire politique du Québec et du Canada. Avons nous déjà vu une quelconque loi être soumise à l'accord du peuple pour subir son retrait? (Que nous devrions pouvoir faire ceci sur chaque loi ne veut pas dire que c'est l'entente sous laquelle nous sommes gouvernés...) Trop de risques existent que des partis usent d'un référendum préalable, ou de confirmation, pour saboter par leur actions l'arrivée d'un système qui, en définitive, leur retirerais un accès semi-aléatoire à la dictature.

Par conséquent, je pense que la réforme devrait être opérée au plus vite, conservant à l'esprit des possibilité d'amendements futurs. Ceux-ci pourraient être la cible de référendums, voire... le prochain gouvernement pourrait vouloir employer le modèle présentement créé par la communauté web pour obtenir une plus grande participation, émulant la démocratie directe.
Mais toutes ces choses n'ont rien à voir avec le contexte actuel, ni avec la décision à prendre aujourd'hui. Si ce sont de belles évolutions sur lesquelles je pense que nos élus devraient avoir des conversation sérieuse, aucune n'est encore d'actualité tant que nous seront prisonnier d'un système uninominal à un tour.
De nous libérer de cet état de fait devrait être leur impératif premier, tel que promis en campagne, laissant ensuite l'histoire suivre son cours. Rappelons que les possibilités ne manquaient pas d'élire un gouvernement contre la représentation proportionnelle, ou alors d'écrire en défaveur du projet. Le résultat des dernières élections devrait donc être suffisant.

Si le gouvernement actuel craint réellement pour la faculté d’attention de ses électeurs, et souhaite s'assurer de leur coopération dans la réforme électorale, il ferait bien plus de sens de suivre un modèle de porte-à-porte; employant des investigateurs non-partisans dont le but est double : Informer ET ramasser les préférences du peuple lors d'un sondage basé sur le contact humain.
Mais si l'on est honnête, la formation d'une telle force, libre de l'influence des parti en lice, tiens d'un rêve de pétards mouillés. Comme toute intervention supplémentaire, celle-ci supposerait une manipulation possible du peuple, qu'elle soit pour ou contre lui.
L'information la plus intègre que le parti puisse obtenir, en définitive, restant la mesure des espoirs du peuple lors de l'élection.

La C.A.Q. n'a pas hésité à se servir de la représentation proportionnelle PARCE QU'ELLE SAVAIT que l'idée était alléchante, défendable, applicable, et potentiellement souhaitée par les Québéquois et Québecquoises. Ce pari leur ayant donné une majorité, je pense qu'un peu d'auto-évaluation leur suiffera à reconnaître le support qui existe, libre de toute nouvelle forme d'influence, pour donner le OK sur la loi présente.
Quitte à ce qu'elle continue d'évoluer, comme le reste, au sein du système une fois en fonction.

GB

Guillaume Brouillette Thu 7 Nov 2019

Même si les députés parvenaient à amender le projet de loi de manière à ce que le mode de scrutin proposé soit parfait, le jour du référendum, j'ai l'impression que la population pourrait être tentée de voter contre.

Dans la foulée des prochaines élections, les médias accorderont davantage d'attention aux enjeux électoraux qu'au projet de loi. En plus, Legault n'a pas l'air d'avoir l'intention de défendre très ardemment son projet (voir l'article de Sébastien Bovet sur le sujet : https://ici.radio-canada.ca/amp/1317943/reforme-mode-scrutin-quebec-analyse-sebastien-bovet ).

Les citoyens seront donc mal informés sur le sujet et, en ajoutant à l'équation la peur du changement et de l'inconnu, beaucoup d'entre eux voteront contre.

Bref, la tenue d'un référendum est, selon moi, une tentative de sabotage du changement de mode de scrutin qui a de bonnes chances de réussite.

JO

Jacques Ouellet Thu 7 Nov 2019

Oui à un référendum, mais seulement en connaissance de cause

Nous (le regroupement citoyen Solidarité Gaspésie) recommandons qu’un référendum ait lieu seulement lorsque l’ensemble des québécois et québécoises auront pleinement assimilé les tenants et aboutissants du nouveau mode de scrutin proposé. Cela signifie, à l’exemple de la Nouvelle-Zélande, que le référendum ne soit proposé qu’après au moins deux cycles électoraux. Tous les électeurs auront alors fait l’expérience du processus, ils en auront compris les enjeux et en auront observer les conséquences (bonnes et/ou mauvaises). 

La tenue d’un référendum avant la mise en place de cette réforme ne serait à notre avis qu’une façon détournée de faire porter l’échec de la réforme sur la population. La pédagogie qui doit être mise en place pour que chaque personne comprenne suffisamment le processus électoral en mode proportionnel est imposante, voire gigantesque. Alors que l’argumentaire à développer pour susciter les craintes et le doute est facile à propager. Si certains invoquent la démocratie pour que la réforme du mode de scrutin soit soumise à un référendum populaire, nous sommes d’avis que l’information suffisante et complète est primordiale dans une démocratie digne de ce nom.

De plus, nous demandons de ne pas synchroniser les élections provinciales avec un référendum sur la réforme du mode de scrutin et ce même si un référendum avait lieu dans deux cycles électoraux comme nous le proposons. Les élections provinciales font l’objet de nombreux enjeux, tous importants. Il ne faut absolument pas qu’un référendum soit teinté par une forme de partisanerie quelle qu’elle soit comme ce serait le cas en période électorale.

ÉT

Édouard Trépanier Thu 7 Nov 2019

TELLEMENT VRAI : "La tenue d’un référendum avant la mise en place de cette réforme ne serait à notre avis qu’une façon détournée de faire porter l’échec de la réforme sur la population. La pédagogie qui doit être mise en place pour que chaque personne comprenne suffisamment le processus électoral en mode proportionnel est imposante, voire gigantesque. Alors que l’argumentaire à développer pour susciter les craintes et le doute est facile à propager."

G

guylainemarion Fri 8 Nov 2019

Un référendum sur une question complexe comme la réforme électorale me paraît complètement inapproprié. Et ce , pour plusieurs raisons:
Le fardeau est trop inégal entre ceux qui prônent une réforme et les opposants à celle-ci. Les opposants n’ont qu’à soulever des épouvantails pour faire peur aux électeurs. Et la peur de l’inconnu fera le reste. Dans un référendum, on est pour ou contre, cela ne permet pas au projet de loi d’évoluer, d’être bonifié par les délibérations, discussions de la société civile. Et un référendum en même temps qu’une campagne électorale, c’est noyer le poisson, les électeurs étant toujours plus préoccupés par des enjeux du genre santé, éducation, environnement, etc.

DU

[deactivated account] Fri 8 Nov 2019

Effectivement, il est dommage que des moyens tels que le referendum ne permettent pas l'expression développée du citoyen. J'ai pour mon dire qu'il est pratiquement impossible de dire la vérité avec un "oui", ou un "non".
Quelque part, le gouvernement devrait songer à avoir une plateforme officielle comme celle-ci pour pouvoir "entendre" leur citoyens. Quelque fois, une réponse monosyllabique peut être conditionnelle; et les conditions sont, souvent, surprenamment raisonnables lorsque l'on prend le temps de comprendre.

CD

Charles Duguay Tue 14 Jan 2020

Les promesses électorales sont souvent évacuées une fois que le parti forme un gouvernement majoritaire. Par contre, celle de la réforme du mode de scrutin pour les élections de 2022 ne pourra être balayée sous le tapis. Le gouvernement est sous haute surveillance. Le DGE a confirmé que 30 mois lui suffiront pour mettre en place le nouveau mode de scrutin en autant que la loi est adoptée au printemps 2020 et qu'il bénéficie des effectifs et des moyens nécessaires, donc temporaires, qui seront la preuve de la volonté politique du gouvernement. Un manque de temps ne peut donc être évoqué. Le PL39 a été déposé et le processus vers son adoption est en branle. Pour ce qui est de la tenue d'un référendum avant ou en même temps que les prochaines élections, nous connaissons tous, et le gouvernement d'abord, les résultats des référendum tenus dans d'autres provinces : la peur du changement l'a emporté. Invoquer un référendum comme acte suprême de démocratie n'est qu'une grossière excuse, de la poudre aux yeux et une stratégie qui ramène le gouvernement à la politicaillerie d'antan et laisse sous-entendre un manque de courage politique. Quand on est majoritaire, on peut. Les gouvernements convaincus du bien-fondé de leurs projets de lois les ont toujours fait adoptés quitte à recourir au baillon. N'est-ce pas m. Legault. La signature de l'entente au printemps 2018, l'élection de la CAQ en octobre 2018 et l'adoption à l'unanimité de la motion concernant le nouveau mode de scrutin à l'automne 2018 donnent de toute évidence la pleine et entière légitimité au gouvernement de procéder. Surtout que le processus menant à l'adoption d'une loi est marqué d'étapes ( ex.: commission parlementaire et autres) qui assurent le sérieux de la démarche faite en fonction du bien public. À moins que m. Legault n'ait perçu une défaillance du sens du devoir parmi ses troupes. Auquel cas, il a le devoir et l'obligation, comme leader, de le rappeler, ce sens du devoir, à la mémoire de ses soldat-e-s et en particulier à ceux et celles qui "craignent pour leurs fesses". Donc, quels que soient les motifs invoqués pour la tenu d'un référendum avant ou en même temps que la prochaine élection, ils sont illogiques et ne tiennent pas la route. La démarche doit se faire et dans les délais promis. Et, l'idée de s'inspirer ensuite de ce qui a été fait en Nouvelle-Zélande me plait beaucoup.

RMP

Roberge Mercédez perso Tue 14 Jan 2020

Les règles référendaires sont présentées par 161 amendements au PL39, qui équivalent à une lii référendaire.

Alors qu’il devait combler le vide laissé dans le projet de loi no 39, Loi établissant un nouveau mode de scrutin, quant au référendum qu’il propose pour l’entériner, le gouvernement en a profité pour introduire des règles qui favorisent le statu quo. En plus d’utiliser une méthode bien cavalière pour changer la Loi sur la consultation populaire, le gouvernement dévoile une vision inquiétante qui pourrait s’appliquer à des référendums futurs, quels qu’en soient les sujets et les dates.

Dans un référendum, le camp du oui a une lourde tâche. Dans le présent contexte, il devrait mettre en lumière les déficiences du système électoral actuel et présenter le fonctionnement d’un modèle de remplacement. Cela équivaut à vendre un produit avant qu’il ne soit sur le marché. Le camp du non n’aurait pour sa part qu’à invoquer la peur du changement et la facilité du statu quo, ce qui, contrairement au camp du oui, se résume dans un clip de 15 secondes.

Or, le gouvernement choisit d’accentuer ce déséquilibre au profit du camp du non en n’assurant pas l’accès à l’information. En effet, ni le Directeur général des élections (DGE), ni aucune instance neutre n’informeraient la population. Qui plus est, des cinq mois de campagne, il n’en resterait que la moitié puisqu’il est peu probable de capter l’attention de la population entre la mi-juin et la fin août, sans compter que les listes électorales ne seraient transmises aux camps référendaires qu’en septembre, alors qu’elles sont leur outil de travail. Aussi, en décourageant la participation du mode politique, notamment financièrement, le gouvernement réduirait la visibilité médiatique du référendum. Ajoutons à cela l’allocation financière réduite à 850 000$, soit le tiers du montant alloué en 1995, et il est clair que le gouvernement avantage le statu quo en restreignant l’accès à l’information complète.

La liberté d’expression des camps référendaires serait également limitée par des règles leur interdisant, de mai jusqu’au référendum, toute dépense pouvant favoriser ou défavoriser l’élection d’un parti ou d’une personne. Comment le camp du oui illustrerait-il les distorsions entre les votes et les sièges, sans nommer les partis? Comment dire que c’est le moment de changer, sans référer aux démarches actuelles et passées des divers partis?

Le DGE détiendrait pour sa part un nouveau pouvoir discrétionnaire puisque, devant plusieurs demandes, il choisirait l’organisme formant le camp référendaire, ce qui est d’autant plus préoccupant que le gouvernement abolirait le Conseil du référendum, formé de trois juges, pour un recours vers un seul juge.

Avant que les appréhensions de son caucus envers un nouveau système électoral le fassent changer d’avis, le premier ministre François Legault disait qu’un référendum n’était pas nécessaire et que l’élection de 2022 se ferait sous un nouveau mode de scrutin. Ce revirement ne s’est évidemment pas produit par vertu démocratique, mais par calcul. Le référendum permettrait en effet au gouvernement de se déresponsabiliser du résultat – positif ou négatif. Si l’on pouvait alors lui accorder le bénéfice du doute devant cette manœuvre d’évitement, voir le gouvernement proposer ensuite des règles référendaires favorisant le statu quo dépasse les bornes.

La consultation sur le projet de loi 39 se tiendra durant les prochaines semaines. En plus d’y exposer les lacunes à corriger afin d’obtenir un système électoral où toutes les personnes et toutes les idées comptent, je m’opposerai vigoureusement à la tenue d’un référendum, car il serait inéquitable, peu importe le moment.

G

guylainemarion Thu 16 Jan 2020

Je veux tout simplement appuyer les propos de Mme Roberge. Plus j'en apprends sur la loi 39 et le processus référendaire de la CAQ, plus je suis estomaquée par la crainte qui s'exprime dans ces textes de loi. La crainte de la CAQ (mais le passé a démontré que le PQ et les libéraux n'étaient pas mieux) de voir élues des personnes d'opinions différentes de la leur, la crainte de devoir négocier sérieusement avec des députés exprimant une opinion différente, la crainte de devoir faire des compromis pour répondre aux demandes exprimées par l'ensemble des québécois.es. La crainte de perdre leur job !! Ce qui est présenté par la CAQ est odieux.

AH

André Huot Sun 19 Jan 2020

Quel est le moyen le plus efficace de demander l'adoption du projet, idéalement amélioré grâce à la participation citoyenne, et de l'expérimenter à la prochaine élection, sans référendum?