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Utiliser "démocratie directe" plutôt que "vraie démocratie" et équivalents

QG
Quentin Grimaud Public Seen by 151
QG

Quentin Grimaud Sun 22 Mar 2015

Je trouve que notre discours serait plus clair et plus facile à comprendre si on utilisait le terme "démocratie directe". Au lieu de dire des choses comme "on n'est pas en démocratie", "on veut une vraie démocratie", et l'obligation qui va avec de se justifier et de changer le sens des mots auxquels les gens sont habitués (même si nous trouvons que la définition qu'ils utilisent inconsciemment est mauvaise, ça leur demande du travail intellectuel de voir les choses à notre manière).

Nous on pense que la "démocratie prétendument représentative" est une blague, ça n'a de démocratie et de représentatif que le nom. Mais au lieu de s'époumoner dans le site à imposer cette vision, on pourrait juste dire que c'est notre avis, mais donc ce serait presque secondaire, par rapport à l'idée principale que l'on veut véhiculer, qui est que la démocratie directe est bien mieux que la démocratie représentative et que l'on devrait pouvoir peser dans les décisions dès que l'on souhaite participer ou que l'on constate que les représentants s'éloignent trop de l'opinion publique ("intérêt général"), dont la possibilité de déclencher un processus constituant si besoin, et que donc il nous faut une meilleure constitution pour cela, qui a plus de chances d'avoir ces qualités si le processus constituant met en place une assemblée constituante tirée au sort.

Alors certes, parler de "démocratie directe" c'est peut être un peu réducteur aux yeux de ceux qui ont à coeur que c'est le processus constituant qui compte et pas le régime qui en sortira (et que donc une démocratie pas directe est quand même une démocratie, tant que le peuple a la possibilité de facilement déclencher un nouveau processus constituant). Mais selon moi ça permettrait d'attaquer facilement l'argumentaire, quitte à ensuite le préciser (parce que pour moi, une démocratie directe c'est précisément un régime où on peut à tout moment tout changer, dont déclencher un processus constituant ou juste proposer une modification de la constitution). Et donc on perdrait moins les gens que dans l'argumentaire "multi-chemins mentaux" que l'on est actuellement obligés de déployer (car traitant à la fois du sens des mots, de la justification d'une opinion sur la qualité de démocratie ou pas du régime actuel, du constat d'impuissance politique et autres défauts du régime actuel, etc).

QG

Quentin Grimaud Sun 22 Mar 2015

De plus, actuellement l'argumentaire ferme un peu la porte (ou essaye de convaincre à notre vision des choses) ceux qui pensent que le régime actuel peut être qualifié de démocratie, et que donc le peuple a choisi de lui-même de déléguer tout son pouvoir et que ça lui plait comme ça sinon s'il avait souhaité avoir la possibilité de peser dans les décisions quotidiennes il aurait déjà choisi de (faire) changer les règles.

Or, quel que soit l'avis que l'on ait sur cette question, c'est dogmatique et annexe de notre argumentaire principal, et ça n'empêche pas de souhaiter plus de démocratie (dont la possibilité de déclencher un processus constituant) donc d'être un GV.

H

Hydronium Sun 22 Mar 2015

On perd une partie importante de notre argumentaire, je trouve, dès lors qu'on accepte de parler de « démocratie » pour qualifier un système oligarchique. Comment revendiquer un changement de régime si on part du postulat qu'on est quasiment déjà dans le régime cible ?

On affaiblit aussi considérablement la notion de démocratie en parlant de « démocratie directe », puisque ça laisse la porte ouverte à des « démocraties indirectes » qui en fait sont les appellations marketing de l'oligarchie, la ploutocratie, la cratocratie comme le proposait Étienne il y a un temps...

Ceci étant dit, je suis d'accord pour dire que ce n'est pas l'idée que « nous ne sommes pas en démocratie » qui doit être mise en avant sur le site, mais bien avant tout l'idée que « c'est aux citoyens d'écrire les règles du pouvoir » et qu'il nous appartient de nous y mettre, sans attendre que les élus nous donnent des moyens pour le faire.

DU

[deactivated account] Mon 23 Mar 2015

Je ne lisserais pas le message pour le rendre plus abordable mais je suis aussi d'avis qu'il est temps de changer notre communication : il n'est plus utile de développer le constat pour ensuite aborder les solutions. De plus en plus de gens font le constat et même si ils ne le font pas, ils en on marre du système en place et voudraient pouvoir se faire entendre.

Il serait beaucoup plus positif de développer et d'insister les solutions et de ne traiter le constat que comme un simple paragraphe.

QDV

Quintus de Vivraie Sun 29 Mar 2015

je suis contre.
tout à fait d'accord avec la phrase d'hydronium "On perd une partie importante de notre argumentaire, je trouve, dès lors qu'on accepte de parler de « démocratie » pour qualifier un système oligarchique"
pour le reste, "démocratie" suffit je trouve pour le principe fondamental et "vraie" n'est nécessaire que pour s'opposer au terme détourné, ajouter des termes précise, à mon sens, la manière dont s'organise cette démocratie (et je suis de ceux qui pense qu'une démocratie n'a pas de recette précise, fixe). "directe" donc c'est pour moi du référendum à gogo et peut s'opposer à "participative", "délibérative", etc. inutile à mon avis, d'autant plus que ça risquerait de créer du clivage

CV

Catherine Vergnaud Mon 30 Mar 2015

@quentingrimaud : pour ton argument des gens qui diraient que les gens ont choisi de donner leur pouvoir aux élus (je fais court mais c'est à peu près l'idée) il suffit de leur donner les explications sur la source de la cause des causes du renoncement du peuple à écrire la constitution.
Le travail a été fait depuis longtemps et nous avons une belle page du wiki qui l'explique bien.
C'est la période pour moi de donner en lien cette page, me semble-t-il :
http://wiki.gentilsvirus.org/index.php/La_cause_des_causes_:_le_renoncement_du_peuple_%C3%A0_%C3%A9crire_la_constitution

Bref, c'est notre travail d'écouter les gens et de leur donner les bonnes informations, c'est notre travail aussi de leur offrir le fruit de nos recherches et notre production. Sinon, nous n'aurions aucunement besoin d'être ici ! :)

FA

Fred Armoni Mon 30 Mar 2015

Démocratie c'est démocratie, continuer à utiliser ce mot pour parler de son contraire c'est perdre un des plus importants des vecteurs de discussion qui amène tout le reste. Et affubler le mot démocratie d'un qualificatif devient dès lors inutile voire publicitaire. Ou à la limite, démocratie radicale (dans le sens racine) pour faire le lien avec Athènes, c'est chouette. Just my 2 bloody euro cents

QG

Quentin Grimaud Tue 31 Mar 2015

@catherinevergnaud je trouve que mon point reste valide malgré l'argumentaire du schéma qui remonte les causes. Parce que j'ai l'impression que la plupart des gens sont conscients de tous ces défauts du système actuel et de ce qui les cause (ils n'ont probablement pas une image mentale aussi précise que ces schémas mais ils se rendent compte que c'est à peu près ça, c'est latent). Ils remarquent qu'il y a des parasites institutionnalisés (ils râlent contre au moins une partie de cette liste : écart entre les intérêts défendus par les politiques et les citoyens, le hold up de la création monétaire, la trahison de nous imposer cette union européenne dont on ne voulait pas, les privatisations du patrimoine public à bas prix pour ensuite que les privés rackettent les citoyens genre les autoroutes, GDF, etc). Mais pourtant ils choisissent sciemment de ne rien faire pour améliorer les choses, par paresse, ou parce qu'ils ne voient pas quoi faire d'autre qu'élire, précisément à cause de leur impuissance politique (là oui les GV peuvent servir), ou parce qu'ils estiment que l'effort serait trop grand par rapport au gain, ils trouvent la délégation totale de leur pouvoir plutôt confortable malgré ses inconvénients. Donc de facto ils tolèrent ces parasites institutionnalisés. Ils tolèrent ça veut dire qu'ils ont fait le choix, ils ont décidé, majoritairement, de se satisfaire de ce système très loin de la perfection. La majorité a décidé cela (on est une très très petite minorité à vouloir plus de démocratie, ou de la démocratie), donc on peut appeler ça démocratique. Donc pour eux on est en démocratie. Si une majorité de gens voulaient arrêter de tout déléguer, ils auraient décidé de changer les règles : par pression sur leurs élus, ou en élisant des candidats qui prônent plus de pouvoir aux citoyens, comme Démocratie Réelle, le Parti Pirate, Podemos, etc, ou au pire par révolution plus ou moins gentille (genre indignés ou révolution des casseroles en Islande mais en mieux, ou même un processus constituant "illégal" initié par des citoyens et qu'une majorité de citoyens approuve). Donc je pense que dans la tête d'une énorme majorité de gens, on est dans un mauvais système qui est pas ou peu démocratique, mais on y est par choix démocratique, donc on est en démocratie. Et cette analyse se tient. Ou en tout cas, je pense que c'est contre toute cette analyse qu'il faut argumenter, pas juste sur le fait qu'on serait en démocratie ou pas (et même je pense qu'il est un peu inutile de se battre sur le sens des mots, il faut accepter que ce qu'on pense être notre définition soit minoritaire. Je crois qu'il n'existe aucun consensus, ni chez les GV ni dans le reste de la population, sur les critères qui font qu'un système donné peut être qualifié de démocratie ou pas, donc sur la définition précise de la démocratie).

QG

Quentin Grimaud Tue 31 Mar 2015

Et même, selon pas mal de GV je crois, si on était dans exactement le même système, mais en y ajoutant juste la possibilité institutionnalisée pour les citoyens de changer de système (déclencher un processus constituant démocratique), on serait en démocratie. Or on pourrait dire qu'il n'y a pas besoin que cette possibilité soit institutionnalisée pour qu'elle existe (droit des peuples à disposer d'eux mêmes, révolutions, etc). Donc si on le voulait vraiment on y serait. Donc la distance entre ce système actuel et la "vraie" démocratie est vraiment pas si grande, dans la tête de bcp de gens.

LQ

Laurent Queffelec Wed 1 Apr 2015

Je suis plutôt de l'avis de @fredarmoni, il me semble central de faire front sur le sens des mots, et de ne pas galvauder "démocratie".